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Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 13:14

Mes chers camarades d’infortune non-fumeuse, l’heure est dure !

Depuis la loi interdisant aux fumeurs d’empuantir les lieux publics clos, il nous est, certes, désormais possible de respirer, sans subir les effluves malodorantes des cigarettes et autres cigares de nos collègues au bureau, et de nos concitoyens au cinéma, notamment. En revanche, ces accrocs au tabac se sont bien vengés de leur ostracisme des endroits fermés, en colonisant - en groupes, s’il vous plaît - les trottoirs et autres lieux publics ouverts. Résultat, lorsque nous décidons de sortir prendre un bol d’air, nous suffoquons sous une chape de fumée, dense, longue de plusieurs mètres parfois, lorsque les employés des bureaux voisins semblent tous se donner le mot pour sortir empoisonner l’air public de la rue au même moment !

Aujourd’hui, la guerre déclarée par les fumeurs aux non-atteints a commencé dès 6H15, sur le quai du métro. Une odeur âcre et violente m’a fait plisser le nez. J’ai suivi la direction de la piste. Et la coupable s’est offerte à mes yeux, indifférente au dégoût qu’elle soulevait en moi, sa cigarette à la main. Une fois le métro arrivé et arrêté, sans même reprendre une dernière bouffée de son nuisible et inutile bout de passetemps et prétexte de sociabilité, elle l’a jeté, sans un regard en arrière, sans gêne ni mauvaise conscience écologique ou citoyenne, sur le sol, la fumée continuant de vicier l’air.

A peine sortie du métro, ensuite, la lutte, inégale et injuste, s’est poursuivie. Alors que je montais les marches au bout du quai, avant même d’avoir franchi les portiques de sortie de la station, la même désagréable puanteur est venue frapper mes narines. Un homme, également accroc à cette drogue tabagique, sans doute épuisé par le sevrage auquel le trajet l’avait condamné pour une heure, avait allumé son bâtonnet toxique d’acétate de cellulose, monoxyde de carbone, nicotine et goudron, dont il laissait la fumée envahir ce lieu pourtant clos. J’ai donc fui les lieux et couru jusqu’à m’extirper de ce sous-terrain empoisonné pour me réfugier à l’air libre !

Mais là, alors même que je me croyais sauvée, plusieurs énergumènes affublés de cette néfaste passion pour le tabac m’ont encerclée de leurs effluves, auxquelles je n’ai pu échapper que bien plus loin, marchant aussi vite que possible, afin de mettre le plus de distance possible entre ma personne et leur mouvante fumée, retenant ma respiration jusqu’à ce que le souffle me manque.

Une fois hors d’atteinte, j’ai réfléchi à ma vengeance. J’aimerai enfermer tous ces fumeurs indélicats dans une pièce close où se consumeraient des milliers de cigarettes, sans cesse renouvelées, hors de leur atteinte, pour qu’ils se sentent aussi misérables et impuissants dans ce nuage toxique que leurs frères passifs, à qui ils imposent leur choix, sans jamais se demander s’ils les incommodent !

Par râleuse enthousiaste - Publié dans : coups de gueule
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Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 13:04

Avec le vote de la loi scélérate sur la retraite injuste, la France, les Français, ont perdu une bataille ! Mais ils n’ont pas perdu la guerre !

 

Des députés et sénateurs indignes de leur fonction ont pu capituler, cédant à la panique et à la discipline stupide de parti, oubliant l’honneur et la justice, le mandat que leur avait – momentanément – confié le peuple, livrant le pays et la plupart des Français à la servitude exécrable. Cependant, rien n’est perdu !

 

Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre pour la démocratie. Etles forces immenses du peuple n’ont pas encore tout donné. Un jour les Français, encore courbés sous le joug, rompront leurs ignobles entraves, leurs fers dès longtemps préparés, renverseront les tyrans et réaffirmeront le principe du gouvernement du peuple. Aux armes, citoyens ! Il faut que la France soit prête pour ce jour de gloire-la. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but !

 

Voila pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans la lutte, dans le sacrifice et dans l’espérance.

Notre patrie, nos acquis sociaux, qui furent notre fierté – et que nous avons conquis (faut-il encore le rappeler ?) sur les tombeaux encore fraichement refermés et le sang des martyrs de la Résistance coulant toujours, abreuvant encore le sol déjà écœuré par tant de violence et de massacres – est en péril de mort par inadvertance, comme feu la République Ière, et IIème du nom !

Luttons tous pour la sauver !

 

 

VIVE LA FRANCE !

VIVE LA RÉPUBLIQUE !

VIVE LA DÉMOCRATIE !

Par râleuse enthousiaste - Publié dans : coups de gueule
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Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 13:47

Depuis quelques temps, alors que j’attends mon métro sur le quai, je te surprends en pleine activité. Que ce soit à l’aube, dans la matinée, ou même en plein après-midi, tu te montres, sous une apparence ou une autre – bien que je ne t’aie encore jamais reconnu de mon sexe.

 

La première fois que ton exercice a croisé mon chemin, juché sur ton échelle, tu avais à tes pieds une kyrielle de spectateurs, étonnés, surpris, amusés, intéressés, subjugués, envoûtés, même.

Ton espace de travail bien marqué et délimité par deux barrières rouges striées de blanc, perpendiculaires à l’arrondi du mur concave du tunnel, tu officiais, maniant d’un geste expert la brosse à colle et le morceau d’affiche que tu t’apprêtais à positionner d’une main sûre et précise sur le panneau d’affichage, aux côtés de ses frères déjà en place par tes soins.

La publicité défigure nos paysages urbains, mais je suis captivée par la perfection de ton travail, gommant peu à peu toute trace du morcellement initial de l’affiche pour créer l’illusion d’une image unique, gigantesque, sans aucune imperfection, comme si elle était apparue magiquement sur cet emplacement certainement loué pour des sommes que je préfère ne pas imaginer pour ne pas risquer de retomber dans mes râleries habituelles.

Comme tous les autres spectateurs de ton ballet surréaliste, je suis émerveillée de voir prendre forme sous tes doigts de fée, cette nouvelle boursouflure picturale, que je ne trouve pas encore monstrueuse, tellement empreinte qu’elle est encore de ton savoir-faire magique.

Un autre jour, à une autre station, alors que tu te présentes à moi sous une autre apparence, et que le public est cette fois considérablement restreint, je te regarde avec une admiration que je ne peux pas dissimuler, et qu’évidemment tu remarques aussitôt, la recueillant comme une offrande de mortelle dévouée, me gratifiant alors de ton sourire du Dieu de l’imagerie souterraine.

Je t’ai également vu demi-Dieu, lorsque tu as demandé, et obtenu, d’une autre arpenteuse des souterrains métropolitains, quelques bonbons piochés dans le paquet ouvert qu’elle tenait dans ses mains. Cela, et les quelques mots échangés avec elle, avant qu’elle ne poursuive son chemin, t’ont rapproché du monde des simples humains, dont tu es pourtant séparé par ces deux barrières rouges et blanches. Tu réajustes une dernière fois le morceau d’affiche final qui viendra compléter l’image sur le panneau, et mettre un point d’orgue à ton œuvre. Un dernier coup de brosse par-dessus. Le morceau disparaît, se fond dans l’image ; il y est intégré, et comme coulé, pour ne faire plus qu’une image unique et bientôt monstrueuse.

Tu nettoies les dernières traces de ton passage, pour que ce collage d’affiche ressemble à un songe du métropolitain, décroche les deux barrières qui t’encadraient jusque là, et repars, les tenant sous le bras, son sceau et outils dans l’autre main, disparaissant au bout du couloir, t’évanouissant, tel Puck une fois sa mission accomplie…

Par râleuse enthousiaste - Publié dans : émerveillement
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Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /Août /2010 09:24

Je sais, on va encore dire que je râle tout le temps, ou tout du moins que je râle plus que je ne m’émerveille… Mais est-ce ma faute à moi, si la société dans laquelle je vis me donne plus de raisons d’être dégoûtée que d’être émerveillée ? Je suis pourtant facilement émerveillée. Par des paysages, des constructions, des rues, des bâtiments, des personnes, des rencontres, des voyages, des idées…
On pourrait également dire que l’hypocrisie crasse et ignoble de notre gouvernement actuel, m’émerveille au point que j’en arrive à me dire que nous avons franchi le cap et ne sommes plus dans la simple réalité, mais bien dans un véritable rêve. Ou plus exactement, vu la tournure des choses, dans un horrible et monstrueux cauchemar.
Ces dernières semaines, je n’ai cessé de rapprocher la mutation de notre société de celle de 1984. L’illusion sécuritaire et le double langage se banalisent et envahissent les discours, et, bien pire, les actes !
Prenons l’Europe par exemple : Expulsion – oups, pardon ! – reconduite à la frontière de Roms venus de Roumanie. N’abordons même pas le cas de ces Roms qui se sont sédentarisés et vivent depuis des années sur le sol français, parfois avec des enfants nés en France (n’avons-nous pas un droit du sol inaliénable ? Alors en ce cas, comment justifier l’expulsion d’enfants français de droit ? Mais passons), concentrons-nous sur une des valeurs défendues par l’Europe (et rappelons au passage que la Roumanie en fait désormais partie) : liberté de circulation des ressortissants des Etats membres. Je ne voudrais pas trop jouer ma rabat-joie mais j’ai du mal à comprendre comment l’on peut prôner la liberté de circulation des citoyens européens tout en entravant et en bafouant même la liberté de circulation des citoyens européens. Ca me rappelle l’histoire de cet Espagnol que la police des frontières française voulait à toute force renvoyer au… Maroc ! (voir : http://www.cimade.org/temoignages/2605-Le-Prefet-des-Pyrenees-Orientales-tente-d-expulser-un-espagnol-au-Maroc-). Face à ces aberrations, je propose à tous les pays bafoués par le racisme stupide de cette France dégénérée de frapper un grand coup : expulsion en masse des ressortissants français présents sur le sol de ces pays ! Et des ambassadeurs pour faire bonne mesure !
Autre exemple, peut-être plus troublant et désagréablement dérangeant : les camps d’internement et la législation restrictive à l’égard des gitans, ou des Roms. Comment peut-on célébrer le passé, sans se préoccuper du présent ? Comment peut-on rendre hommage aux héros des périodes troublées, à ceux qui ont risqué leur vie et leur réputation, qui ont osé contester la légitimité de lois iniques et illégitimes, qui ont refusé de trahir l’idéal républicain de fraternité et n’ont pas dénoncé leurs voisins Juifs, tziganes, homosexuels, communistes… tout en menant la chasse à des humains qui n’ont pour seul tort que de ne pas être nés dans le bon pays, et de ne pas posséder un misérable bout de papier ?
Certes, je suis émerveillée par la nouvelle hiérarchie des valeurs qui place le respect de la légalité avant le respect de la vie et de la dignité humaine ! Et suis ébahie de voir que la célébration stérile du passé permet de s’affranchir des devoirs du présent et de bafouer des droits humains inaliénables, qu’importe la situation !
Mais je préfèrerai être émerveillée par la constance avec laquelle le pays « des droits de l’homme » défend son héritage, malgré les tentations racistes et xénophobes, et les pulsions ponctuelles de canalisation des frustrations sur des boucs émissaires…

Par râleuse enthousiaste - Publié dans : coups de gueule
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 17:04

Vous n’allez pas y croire, mais je vais me remettre à râler contre la bêtise de mes compatriotes, qui n’ont du terme que la première syllabe !
Il m’a fallu du temps pour réussir à me calmer et vous proposer un récit, apaisé, de ma rencontre avec cet énergumène dans le métro, ou plutôt le RER. Et oui, j’enrage à nouveau dans les transports en commun, et suis même en proie au désespoir le plus terrible, m’imaginant presque abandonnée aux affres d’une vieillesse ennemie, dans les wagons sales, malodorants, et bondés des trains souterrains qui permettent aux non-privilégiés, c’est-à-dire l’immense majorité des Franciliens – je m’intéresse ici, à l’Ile-de-France, et ne saurais donc élargir outrancièrement mon propos à la France entière – de se rendre d’un point à l’autre du territoire, piqueté de stations du métropolitain, tel un gruyère de trous.
Bref, j’étais donc en train de lire, assise – fait assez improbable, vous en conviendrez, pour être mentionné ! – dans le RER, bercée par la houle mécanique des rails, les oreilles écorchées par les crissements des roues griffant la ferraille à leur passage.
Il s’assied. Il, c’est-à-dire, l’autre, celui à qui est destinée cette diatribe, même s’il y a peu de chance qu’il la lise jamais. Avec une rare délicatesse, il pose son arrière-train sur le strapontin derrière moi, et je suis soulevée de quelques centimètres, avant de redescendre, aussi soudainement que j’avais été arrachée à mon assise. Mais ce n’est pas tant le choc fessier qui me déplait, que la musique qui vient d’un seul coup envahir mes oreilles déjà pleines du bruit du train, et des rythmes assourdis et dissonants, filtrant des écouteurs voisins, plus ou moins éloignés. Mais lui, ne prend même pas la peine de mettre des écouteurs ! J’attends un peu avant de me retourner vers lui, et de lui demander, poliment – ça fait partie de mes dernières résolutions, bien que j’aie parfois quelques difficultés à m’y tenir – s’il ne peut pas mettre ses écouteurs. Il se retourne et me dévisage un long moment – j’en viens à me demander s’il va faire un arrêt cardiaque – et arrive finalement à me cracher au visage : « Tu me les payes ? » Essayant de rester fidèle à mes résolutions, je rassemble mes esprits et ente une contre-attaque : « Je pense que si vous avez assez d’argent pour vous acheter un téléphone portable, vous pouvez vous payer également des écouteurs ».
Mais que n’ai-je pas dit là ? J’ai déchaîné les chiens de l’Enfer en personne, quoique dans une version horriblement vulgaire ; j’ai droit à tout et son contraire, particulièrement des insultes ayant trait à l’âge et au sexe : « sa pute », « poufiasse », « salope », « vieille clocharde » (ah, oui, aussi un trait sans appel contre la pauvreté – si je n’étais pas aussi énervée, je pourrais en rire : je n’ai pas 25 ans et je suis justement habillée de manière plutôt élégante…). Je laisse tomber le vouvoiement, mais pas toutes mes résolutions en lui demande de me respecter, lui faisant remarquer que je ne lui ai pas manqué de respect, moi ! Ce qui ne semble pas vraiment lui faire entendre raison. Du coup, je craque un peu et je le traite de « petit con ». Plutôt en deçà de la réalité mais je me voyais mal l’agonir d’injures, tout en demandant qu’il me respecte. Mais de toute façon, ça n’a pas marché.
Résultat des courses, je fulmine et bous intérieurement. Je change de wagon à l’arrêt suivant, les joues en feu. Ce qui m’énerve le plus, c’est qu’il a basé son jugement sur des critères purement physiques et que je ne lui ai pas semblé un adversaire bien à craindre, ce en quoi il se trompe lourdement. J’avais une terrible envie de me battre et de lui faire mordre la poussière pour qu’il ravale ses préjugés ! Ah, si j’avais fait 90 kilos au lieu de mes 65 actuels, et que j’avais eu un appendice de chair entre les jambes, il ne m’aurait pas parlé ainsi !
Petit con ! Dire que je n’ai même pas pensé à allumer mon propre portable pour écouter Brassens : « Le temps ne fait rien à l’affaire ! »…

Par râleuse enthousiaste - Publié dans : coups de gueule
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